Ouvrir un cabinet médical en Algérie : conditions, dossier et démarches (2026)

Inscription à l'Ordre, dossier à la DSP, visite de conformité, IFU, CASNOS, assurance : les étapes pour ouvrir un cabinet médical en Algérie, textes à l'appui.

Ouvrir un cabinet médical en Algérie : conditions, dossier et démarches (2026)

Ouvrir un cabinet médical en Algérie se fait en quatre temps : l'inscription au tableau de l'Ordre, un dossier déposé à la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya, une visite de conformité du local, puis l'autorisation d'ouverture. Viennent ensuite les démarches fiscales et sociales. Ce guide rassemble ce que disent les textes et la procédure appliquée aujourd'hui par les DSP, avec leurs sources, et signale ce qui n'est écrit nulle part.

Un point à connaître d'emblée : la loi n° 18-11 du 2 juillet 2018 relative à la santé renvoie les conditions d'ouverture des « structures d'exercice individuel ou de groupe » à un texte réglementaire (art. 309) qui, à notre connaissance, n'a pas encore été publié pour les cabinets. Le décret exécutif n° 21-136 de 2021 ne couvre que les établissements privés de soins et les cliniques. En attendant, les instructions prises sous l'ancienne loi 85-05 continuent de s'appliquer (art. 449), et c'est la DSP qui instruit les dossiers. La liste exacte des pièces peut donc varier d'une wilaya à l'autre : demandez-la à votre DSP avant de constituer le dossier.

Les conditions pour exercer à titre libéral

L'article 166 de la loi 18-11 fixe les conditions d'exercice : la nationalité algérienne, un diplôme algérien ou reconnu équivalent, la jouissance des droits civiques, l'absence de condamnation incompatible et l'aptitude physique et mentale. L'inscription au tableau de l'Ordre — le conseil régional de déontologie médicale, distinct pour les médecins et pour les médecins-dentistes (art. 346 et 349) — est obligatoire.

Pour les spécialistes, une condition s'ajoute : le service civil doit être accompli avant tout exercice privé (art. 196-197). Sa durée va de 1 à 4 ans selon la zone d'affectation (décret exécutif n° 18-256). Depuis juin 2018, toute demande d'ouverture d'un cabinet de spécialiste passe en outre par une commission nationale qui se prononce sur le lieu d'installation, sur la base de la carte sanitaire.

Ouvrir sans autorisation est puni de 2 à 5 ans de prison et de 1 000 000 à 2 000 000 DA d'amende (art. 414).

Étape 1 : l'inscription à l'Ordre

Le conseil régional de déontologie de votre lieu d'installation délivre l'attestation d'inscription au tableau et, après examen, un avis sur les conditions d'installation — pour les dentistes à Alger, un véritable certificat de conformité après visite de sa commission exercice et qualification (Ordre régional des médecins dentistes d'Alger). Ces pièces sont exigées dans le dossier DSP. Comptez une validité de trois mois pour les attestations de l'Ordre.

Étape 2 : le dossier à la DSP

La procédure publiée par le Syndicat national des médecins libéraux distingue une étape préalable réservée aux spécialistes (formulaire déposé à la DSP de la wilaya choisie, qui notifie son avis sur la commune demandée) puis le dossier proprement dit. Les pièces que l'on retrouve dans toutes les sources :

  • une demande adressée au directeur de la santé et de la population, datée et signée, avec adresse et téléphone ;
  • la copie des diplômes (originaux présentés au dépôt) ;
  • l'attestation d'inscription au tableau de l'Ordre et l'avis ou certificat de conformité de la section ordinale ;
  • le casier judiciaire n° 3 en cours de validité et, selon la wilaya, un certificat de nationalité ;
  • la situation vis-à-vis du service national ;
  • le bail notarié ou l'acte de propriété du local, au nom du praticien ;
  • pour les spécialistes, l'attestation de libération ou d'exemption du service civil ;
  • selon le cas : la décision de démission ou de cessation de paiement, une attestation CNAS, CASNOS ou CNR de non-activité, la décision de fermeture d'un précédent cabinet ;
  • un ou deux certificats médicaux et des photos d'identité.

Certaines DSP demandent aussi un plan ou croquis du local, voire un avis d'hygiène du SEMEP. Là encore, la liste officielle est celle de votre DSP.

Étape 3 : la visite de conformité du local

La DSP fixe un rendez-vous et visite le local en présence du praticien. Un procès-verbal de conformité est dressé selon un modèle en vigueur depuis 1997 : il décrit la salle de consultation, la salle de soins, la salle d'attente — avec des espaces séparés pour les hommes et les femmes —, les sanitaires et lavabos, le chauffage, la ventilation, l'éclairage et l'état général. Si le local est conforme, le directeur de la DSP délivre l'autorisation d'ouverture ; sinon, les réserves sont notifiées et doivent être levées.

Aucun texte, à notre connaissance, ne fixe de surface minimale pour un cabinet médical. Les chiffres qui circulent sur certains sites (« 35 à 50 m² », « 60 à 100 m² ») ne citent aucune source. Le code de déontologie (décret 92-276, art. 14) demande seulement « une installation convenable et des moyens techniques suffisants ». Pour les cabinets dentaires à Alger, l'Ordre régional publie un cahier des charges : rez-de-chaussée, 1er ou 2e étage sauf ascenseur, surface totale d'au moins 50 m², salle de soins de 12 m² ventilée, salle de stérilisation d'au moins 6 m² attenante avec autoclave, salle d'attente d'au moins 12 m², un fauteuil par praticien. Vérifiez auprès de votre Ordre régional si ces règles s'appliquent dans votre wilaya.

Après l'autorisation : impôts, CASNOS, CNAS, assurance

Impôts. La déclaration d'existence (série G n° 8) se dépose dans les 30 jours du début d'activité auprès de l'inspection des impôts ou du CPI ; en retard, l'amende est de 30 000 DA. Les professions libérales dont les recettes annuelles ne dépassent pas 8 000 000 DA relèvent de l'IFU, au taux de 12 % pour les bénéfices non commerciaux, avec un minimum d'imposition de 30 000 DA ; la déclaration prévisionnelle G n° 12 est due au 30 juin et la définitive G n° 12 bis au 20 janvier suivant. Au-delà du seuil, ou sur option irrévocable faite sur la G n° 8, c'est le régime du réel ou le régime simplifié (DGI, régime de l'IFU, à jour de la loi de finances 2026). Les cliniques et laboratoires sont exclus de l'IFU, pas les cabinets. Le NIF est délivré par l'administration fiscale, le NIS par l'ONS sur présentation de la carte fiscale.

CASNOS. Le praticien libéral cotise à la caisse des non-salariés : 15 % (7,5 % assurances sociales, 7,5 % retraite) d'une assiette annuelle déclarée avant le 31 janvier, comprise entre une et vingt fois le SNMG annuel ; la première année, l'assiette provisoire est le SNMG (décret exécutif n° 15-289). Le SNMG est de 24 000 DA par mois depuis le 1er janvier 2026. Un médecin à la fois salarié et libéral cotise aussi à la CASNOS.

CNAS. Dès le premier salarié (secrétaire, assistante), le cabinet s'affilie à la CNAS pour son personnel. Le conventionnement avec la CNAS (tiers payant, carte Chifa) est régi par le décret exécutif n° 09-116 : il demande l'autorisation d'ouverture, les attestations CASNOS et CNAS à jour et l'inscription à l'Ordre. Les conditions tarifaires en vigueur sont à vérifier auprès de la CNAS.

Assurance. L'assurance de responsabilité civile et professionnelle est obligatoire pour tout professionnel exerçant à titre libéral (loi 18-11, art. 296).

Médecin du secteur public : peut-on ouvrir son cabinet ?

Le statut de la fonction publique interdit aux fonctionnaires toute activité privée lucrative, avec une exception pour les praticiens médicaux spécialistes. Le décret exécutif n° 26-202 du 16 mai 2026 encadre désormais cette activité : au moins cinq ans d'ancienneté (sauf dans certaines wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux), pour un seul organisme public ou privé, dans sa wilaya ou une wilaya limitrophe, hors horaires de travail, sur autorisation annuelle du chef d'établissement — et l'exercice pour son propre compte est exclu. Un spécialiste du secteur public ne peut donc pas tenir son propre cabinet sous ce régime ; pour s'installer en libéral, il quitte la fonction publique, d'où la décision de démission ou de cessation de paiement exigée dans le dossier.

Combien coûte l'ouverture d'un cabinet ?

Il n'existe aucun chiffre officiel, et les estimations des sites commerciaux se contredisent — pour un cabinet dentaire, le seul fauteuil dépasse chez l'un le budget total annoncé par l'autre. Le poste principal est l'équipement (fauteuil, radiologie, stérilisation pour un dentiste ; échographe ou matériel d'examen selon la spécialité), puis l'aménagement du local et le loyer. Demandez des devis locaux plutôt que de vous fier à une fourchette lue en ligne.

Le jour de l'ouverture : vos premiers patients

Un cabinet qui ouvre n'a pas encore de patientèle. C'est à ce moment que la visibilité en ligne compte : une page publique avec vos horaires et vos motifs de consultation, la prise de rendez-vous en ligne et, si vous travaillez sans rendez-vous, une file d'attente que vos patients suivent depuis leur téléphone. Yadoct Pro offre tout cela, avec le logiciel de cabinet — agenda, dossiers patients, ordonnances — offert ; seuls les rendez-vous et les tickets pris par vos patients via Yadoct sont facturés, après 30 jours d'essai, et un patient absent n'est jamais facturé. Chaque spécialité a sa page sur /logiciel.

Questions fréquentes

Cet article est publié à titre d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de doute sur votre santé ou celle de votre enfant, consultez un médecin.